Société

RDC : Jean-Claude Masangu dévoile les défis derrière l’introduction du franc congolais

L’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, est revenu sur les difficultés liées à l’introduction du franc congolais, une réforme monétaire majeure en RDC. Il affirme que cette opération, menée sans assistance du Fonds monétaire international (FMI), nécessitait d’abord de rétablir le système bancaire et de préparer progressivement la population au changement de monnaie.

Invité mardi 6 octobre à un Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Claude Masangu a évoqué les moments les plus marquants de ses seize années à la tête de la Banque centrale du Congo.

Interrogé sur la décision la plus difficile de son mandat, l’ancien gouverneur a d’abord cité le rétablissement du système bancaire, qu’il considère comme son « grand défi ». L’introduction du franc congolais a également constitué une étape particulièrement délicate.

Selon lui, le lancement d’une nouvelle monnaie ne pouvait pas se limiter à mettre de nouveaux billets en circulation. Il fallait auparavant engager une véritable réforme monétaire, basée sur « une série de mesures successives, coordonnées ».

L’objectif était de parvenir à assainir le système bancaire et financier avant la mise en circulation du franc congolais, tout en obtenant l’adhésion de la population.

« Ce n’était pas chose facile », a-t-il reconnu.

Jean-Claude Masangu insiste par ailleurs sur le caractère national de cette opération.

« On l’a fait sans assistance du Fonds monétaire international, on l’a fait par nous-mêmes, nous, Congolais », a-t-il déclaré.

Pour préparer la réforme, la BCC avait mis en place une cellule technique composée de hauts cadres de l’institution et de deux anciens vice-gouverneurs. Cette équipe avait notamment étudié les expériences monétaires précédentes, dont le succès de la réforme de 1967 et l’échec de la réforme menée sous l’ancien Premier ministre Faustin Birindwa.

La sensibilisation de la population constituait également un volet important du processus. L’Association des femmes de la Banque centrale du Congo (AFEBACO) avait participé à la vulgarisation de la réforme, notamment auprès des femmes dans les marchés.

L’ancien gouverneur estime que ce travail de proximité a contribué à faciliter l’acceptation du franc congolais en remplacement du nouveau zaïre. La BCC avait prévu une période de deux ans pour permettre à la population d’échanger progressivement l’ancienne monnaie.

Cette période devait notamment éviter les mouvements de panique et tenir compte des réalités de l’arrière-pays, où les opérations d’échange pouvaient prendre davantage de temps. L’objectif était que « tout le monde soit servi en son temps ».

À travers ce témoignage, Jean-Claude Masangu revient ainsi sur les enjeux techniques et sociaux qui ont entouré l’introduction du franc congolais, présentée comme l’une des réformes majeures conduites durant ses seize années à la tête de la Banque centrale du Congo.

Par : Abdoul ULAFIA

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